Les bandes de jeunes, sur Blousonsnoirs.info Exposition
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Exposition créée par la Centre d'exposition historique en mai 2006

"Blousons noirs.
Mythes et réalités, 1959-1962"

produite par
Centre d’exposition historique (PJJ 91)

lieu
CAE Ferme de Champagne
rue des Palombes, 91605 Savigny-sur-Orge

inaugurée le
mardi 16 mai 2006, à 18h00

1) Les mots pour le dire…
2) La bande : rituels, organisations, territoires
3) Écritures et lectures du phénomène "Blousons noirs"
4) Musique, images, gazoline : la culture jeune
5) Les bandes de jeunes : des Apaches à la Racaille

Blousons noirs : 5) Les bandes de jeunes : des Apaches à la Racaille

La propension des “jeunes” (enfants, adolescents, jeunes adultes célibataires) à se constituer en groupes sur une base géographique, est un fait social extrêmement répandu. Dans nos sociétés occidentales, depuis le XIXème siècle au moins, ces groupes juvéniles, plus ou moins stables, plus ou moins hiérarchisés, parfois uniquement masculins, parfois mixtes, sont à l’origine de formes de sociabilité qui ont toujours fasciné les observateurs qu’ils soient ethnologues, historiens ou sociologues.

Les activités de ces groupes, le plus souvent ludiques, sont aussi parfois délictueuses. Elles n’intéressent plus seulement le savant, mais aussi le policier et le journaliste. Périodiquement, l’accent est mis sur ces pratiques déviantes et les “bandes de jeunes” deviennent alors le symbole de la dangerosité sociale. C’est ainsi que tour à tour, les Apaches, les Blousons noirs, les Beatniks, les Racailles, pour ne citer que les noms les plus connus, ont été vilipendés comme responsables de l’insécurité. Leur existence même est toujours présentée comme la marque de la crise sans précédent que traverse la société, voire, dans les discours les plus alarmistes, comme l’annonce du recul de la civilisation et du retour à la barbarie.

Sans nier les différences, plusieurs points relient les Apaches de la Belle époque, les Blousons noirs puis les Beatniks des années soixante et les Racailles du XXIème siècle. À chaque fois les médias jouent un rôle fondamental dans la construction de l’archétype. Nous retrouvons une même rhétorique où ces jeunes sont à la fois “héroïsés” et disqualifiés. Le phénomène est exagérément grossi et les chiffres les plus fantaisistes viennent contaminer les discours les plus officiels. Enfin, le terme inventé finit par être utilisé à tous propos. Derrière tout acte de transgression, de l’attentat au vol à l’étalage, on voit un membre de ces bandes de jeunes qui finissent par “enrôler” jusqu’au délinquant quinquagénaire. Le type se dissout dans une généralité qui le vide de son contenu… et le phénomène disparaît.

Remarquons cependant que les Apaches ou les Blousons noirs sont vus comme une simple fraction minoritaire des classes populaires. Avec les “Racailles”, qui sont aussi dénommés « jeunes des cités » ou « jeunes des banlieues », c’est l’ensemble d’une population sociologiquement homogène qui est désignée. En effet, derrière ces dénominations, injurieuses ou policées, se cachent une désignation ethnicisée et une assignation géographique. Nous rejoignons alors la vieille notion de “classe dangereuse”.

             

"Les blousons noirs
mythes et réalités, 1959-1962"

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"Les bandes de jeunes,
des Blousons noirs à nos jours"

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